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May 06 2010

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La créativité

L'apprentissage est un processus de modification des objets mentaux qui nécessite la répétition des manipulations de ces objets mentaux. La créativité est un processus de construction de nouveaux objets mentaux qui arrive soudainement mais qui demande une longue préparation. La créativité, c'est construire une nouvelle image à partir de concepts, construire un nouveau concept à partir de cette image. C'est plus qu'une combinaison d'idées anciennes, c'est une nouvelle combinaison qui ne suit pas les règles usuelles.

La création, c'est la créativité plus la réalisation. Cette réalisation demande la maîtrise d'une technique qui demande un apprentissage. L'individu crée pour se réaliser, il crée pour le plaisir et ou pour résoudre un problème, tel le peintre qui exprime le plaisir de la beauté ou l'écrivain qui exprime ses tourments. La création est liée à l'insatisfaction, au fait de ressentir une impression désagréable. La création est la solution par la créativité d'un problème interne dû au manque de satisfaction, et la solution par une technique d'un problème externe qui est l'objet de la création.

La créativité est un processus continu en quatre étapes: la définition du problème, la recherche des informations, l'incubation et l'illumination. La créativité procède du conscient et de l'inconscient, le cortex et le cerveau moyen sont tous deux utilisés. Le diagramme suivant explique le processus.

creativite.gif (2409 octets)

processus de créativité

Les informations du monde extérieur sont observées, filtrées par le censeur et stockées dans le cerveau. Le générateur d'idées crée de nouveaux objets mentaux, des images, qui avant d'apparaître dans le domaine conscient sont filtrées par le censeur. Ces images vérifiées par le jugement rationnel deviennent des idées exprimables par le langage humain. Ces images peuvent aussi être exprimées directement sans être vérifiées par le jugement rationnel, il s'agit alors du langage de l'art tel que la peinture, la musique.

Le générateur d'idées utilise le processus de connexion des neurones. Lorsque vous manipulez des objets mentaux des connexions s'établissent entre neurones. Ces connexions sont d'abord fugitives, et peuvent devenir permanentes si la manipulation est répétée. Ces connexions s'établissent à un rythme variable, pendant un certain temps il y a peu de connexions qui s'établissent, puis soudain beaucoup de connexions se forment en un temps très court. Pour produire des idées, il est donc important de continuer à manipuler constamment des objets mentaux pour que de nouvelles connexions s'établissent afin de créer de nouveaux objets mentaux. C'est l'incubation. A cette condition, il est possible qu'à un certain moment, beaucoup de connexions s'établissent soudainement de façon permanentes et forment un nouvel objet mental. C'est l'illumination. Ce nouvel objet mental n'est pas nécessairement celui auquel vous vous attendiez.

Ce comportement des neurones est similaire au comportement d'un tas de sable sec. Si du sable s'écoule de façon continue sur un tas, le tas se modifie peu dans le temps, et soudain il y a une avalanche. Vous ne savez pas prévoir le moment de l'avalanche. Vous ne savez pas prévoir quelle modification l'avalanche apportera à la configuration du tas de sable.

Il est important de réaliser que créer un nouvel objet mental peut exiger une période d'incubation plus ou moins longue

Le censeur se concentre sur les activités permises, il écarte les activités punissables. Il appartient au domaine de l'inconscient (parent) et utilise des règles dictées par la culture de l'individu, règles qui tendent à homogénéiser les idées de tous les individus pour assurer la cohésion du groupe. Le censeur est donc l'ennemi de la créativité puisqu'il essaye d'empêcher le changement. A l'apparition d'une nouvelle idée il produira une impression désagréable qui enlèvera toute valeur à cette nouvelle idée qui ainsi ne sera pas retenue.

Quelle stratégie de créativité peut-on utiliser pour améliorer la production d'idées?

- Bien définir le problème au départ, et en fonction des résultats et au cours du processus de créativité, ne pas hésiter à le redéfinir.

- Augmenter les informations en développant la curiosité de l'observateur et en mettant en commun les informations de plusieurs individus. Classer les informations sous différents aspects afin de les retrouver facilement.

- Diminuer l'influence du censeur en se mettant dans un état de relaxation, de passivité, de rêve éveillé. Utiliser le cerveau moyen pour sélectionner les idées suivant des critères qui produisent une impression agréable: beau, amusant, ingénieux.

- Améliorer les performances du générateur d'idées en utilisant des outils qui augmentent la capacité de la mémoire à court et long terme: écrire, dessiner, classer.

- Les méthodes de créativité utilisent conjointement les différentes stratégies de créativité. Les méthodes sont l'associativité, améliorer l'inconscient de la créativité, améliorer le conscient de la créativité, améliorer la productivité du générateur d'idées.

L'associativité

L'associativité est la première étape de la créativité. Cela consiste à mettre ensemble des objets mentaux, c'est le principe du générateur d'idées. Nous savons que les objets mentaux sont déjà associés sous forme de carte mentale. Cette carte mentale représente une structure, c'est à dire un ensemble d'activité entre neurones qui ne change pas beaucoup dans le temps. Nous devons donc modifier cette carte mentale en ajoutant ou éliminant des objets mentaux et cette modification est difficile du fait de blocages conceptuels. En éliminant ces blocages au cours du processus de créativité nous améliorons les performances du générateur d'idées. Les principaux types de blocages conceptuels sont blocage de perception, culturel, environnemental, émotionnel et intellectuel.

Le blocage de perception commence par la difficulté d'isoler le problème réel. Une entreprise de matériel agricole décida un jour de concevoir une machine à récolter les tomates. Malgré les nombreuses modifications apportées au prototype, suite à la créativité des ingénieurs mécaniciens, la machine récoltait les tomates en les écrasant; Jusqu'au jour où quelqu'un émit l'idée de cultiver des tomates à la peau plus dure, le problème de mécanique devint un problème de génétique.

Le blocage de perception existe aussi si le problème est posé de façon trop limitée. Au lieu de concevoir une nouvelle porte, on peut concevoir un nouveau moyen de traverser un mur ou un meilleur moyen d'isoler deux pièces.

Le blocage de perception existe aussi si on n'a pas plusieurs point de vue sur le problème. L'architecte doit considérer le client, l'urbanisme, l'entrepreneur et les fournisseurs. Le directeur de production artistique doit considérer le réalisateur, les acteurs, le comptable, les financiers.

Le blocage de perception existe chez un individu qui a une idée préconçue. Une solution utilisée dans le passé est proposée sans discrimination, le problème est vu non pas comme il est réellement mais comme on voudrait le voir parce que l'individu attache uniquement de l'importance aux informations qui coïncident avec son opinion, avec ses objectifs.

La difficulté d'accès à l'information stockée en mémoire peut être considérée comme un blocage de perception. La mémoire à long terme fonctionne de façon sélective et le processus de reconstitution sous forme de rapport demande de l'énergie et du temps.

Enfin le fait de ne pas utiliser tous les capteurs (vue, ouïe, toucher, odorat) conduit à un blocage de perception.

En éliminant au maximum ces blocages de perception le générateur d'idées disposera de plus d'informations qui seront plus exactes et une carte mentale plus vaste pourra être développée.

Le blocage culturel est lié à la culture de l'individu, aux règles que la société lui a inculquées et à la formation qu'il a reçue. Ce type de blocage fera attribuer une valeur nulle ou faible à une idée qui ainsi ne sera pas retenue.

Il se détecte auprès des individus par les expressions suivantes: "la fantaisie et la réflexion sont une perte de temps", "jouer c'est bon pour les enfants, résoudre un problème est un travail sérieux et l'humour n'y a pas de place", "tout problème peut être résolu scientifiquement". Un autre blocage culturel de notre culture est l'association inconsciente de notion. Par exemple: droit: ordre, raison, logique, objectif, la belle main. et gauche, sensibilité, subjectivité, la vilaine main.

La formation de l'individu a une forte influence sur les jugements de valeur qu'il porte sur les idées. Un individu de formation technique associera bon avec raison, logique, nombre, pratique et mauvais avec sentiment, intuition, plaisir. Un individu anti-technique associera bon avec sentiment, intuition, plaisir et mauvais avec raison, logique, nombre, pratique.

Le blocage environnemental est dû au manque de moyens. Soit les moyens physiques et économiques manquent pour rassembler les informations et prendre le temps de créer une solution, soit il y a un manque de coopération entre les individus, soit il y a un manque de confiance généralement dû à la soumission de l'individu à une personne autocratique.

Le blocage émotionnelprovient de l'anxiété due au changement. L'individu peut avoir peur de prendre le risque du changement. Il peut avoir peur de la punition en cas de faute, peur de faire de la peine, peur de perdre la face, peur de perdre de l'argent. Pour vaincre cette peur il doit répondre consciemment à la question "quelles sont les pires catastrophes qui peuvent m'arriver?". Un jugement de valeur lui fera découvrir que l'impression désagréable causée par cette peur est bien moindre que celle causée par sa mort future.

L'individu peut avoir peur du désordre, dans ce cas il est incapable de laisser coexister des idées disparates suffisamment longtemps pour qu'elles se combinent.

L'individu peut avoir peur du temps. Il est incapable de se relaxer, d'incuber, de laisser dormir les idées pour qu'après incubation une nouvelle solution jaillisse de l'inconscient. Il doit prévoir suffisamment de temps pour créer, même si la durée pendant lequel le processus de créativité se passe est courte. Il peut aussi solutionner plusieurs problèmes en même temps et ainsi respecter les échéances.

Le blocage intellectuel existe si l'individu utilise peu de stratégies de pensée, de manipulation des objets mentaux. Ces stratégies sont: définir, établir une liste, classer, comparer, établir des relations, éliminer, visualiser, faire un dessin, faire un diagramme, symboliser, se poser des questions, faire des hypothèses, rêver, exagérer, étendre, transformer, substituer, séparer, sélectionner, jouer, prédire, faire un plan, simuler, tester.

Le blocage intellectuel existe si l'individu utilise le mauvais langage (verbal, visuel, mathématique, comptable) ou s'il soumet trop rapidement les idées au jugement rationnel et ainsi les rejette trop tôt.

Améliorer l'inconscient de la créativité

Améliorer l'inconscient de la créativité est la seconde méthode de créativité. Afin d'augmenter ses performances l'individu doit éliminer son état parent critique et ne pas agir en état adulte pour diminuer l'influence du censeur. Il doit agir en état enfant, celui qui correspond au jeune enfant qui est libre et créatif, qui joue à construire et pour qui jouer n'est pas passer son temps mais créer de nouvelles solutions.

L'individu doit aussi apprendre à utiliser les activités cérébrales dites de l'hémisphère droit qui est le domaine de la synthèse, de l'intuition, de l'esthétique, de la sensation, des images, de la perception spatiale, des métaphores, de la globalité, de l'instantanéité. Malheureusement dans notre civilisation, ces activités cérébrales sont minimisées par l'éducation pour les hommes.

Améliorer le conscient de la créativité

Améliorer le conscient de la créativitéest la troisième méthode de créativité. Les deux premières méthodes permettent de générer des idées en vrac plus ou moins ordonnées, la troisième méthode permet une seconde génération d'idées qui comblera les lacunes de la première génération. cette méthode utilise différents modes de pensée: penser avec tous ses sens, penser latéralement, penser fonctionnel et penser avec les autres.

Penser avec tous ses sens. Certains individus ont principalement des images visuelles, d'autres des images auditives, mais les deux types d'images sont toujours présents, et pourquoi ne pas utiliser les deux types. Le fait de parler naïvement oblige l'individu à ordonner ses idées, lui fait découvrir des trous dans la suite de ses idées, fait découvrir des images cachées et lui fait découvrir les idées des autres. Le fait d'écrire et de dessiner pour soi produit le même effet sauf que l'individu ne découvre pas les idées des autres.

Penser latéralement est une méthode qui a été découverte par De Mono et qui peut s'illustrer par les diagrammes suivants.

demono1.gif (1441 octets)

cheminement de la pensée logique

Il a découvert qu'en général l'individu, partant d'un point de vue, pense logiquement jusqu'à ce qu'il trouve une solution. La logique et les blocages le forcent à penser linéairement.

demono2.gif (1482 octets)

cheminement de la pensée latérale

Il est difficile de ne pas penser linéairement, c'est à dire de penser latéralement. Pourtant c'est ce qui se passe lorsqu'on vous raconte une blague. Au début le narrateur vous expose une situation, son discours tend à vous faire penser dans une direction bien précise, soudain la dernière phrase vous oriente dans une toute autre direction et cette découverte vous procure du plaisir. Vous avez découvert un autre point de vue.

demono3.gif (1830 octets)

cheminement de la pensée latérale

Vous pouvez appliquer le même principe à la découverte de la solution d'un problème, soit changer de point de vue en cours de recherche, soit de redémarrer la recherche en partant d'un autre point de vue. Lorsque la solution est trouvée, celle-ci paraît évidente.

demono4.gif (1490 octets)

solution évidente après l'avoir trouvée

Pour penser latéralement il faut réaliser un changement de groupe AB. Les objets mentaux, les pensées, sont classés en groupes et la majorité des   idées que nous développons lors d'une recherche ont tendance à appartenir à un même groupe. En recherchant systématiquement les autres groupes auxquels appartiennent certaines idées on peut changer le point de vue de toute la recherche.

Améliorer la productivité du générateur d'idées

Penser fonctionnel c'est utiliser des outils, des méthodes pour améliorer la productivité du générateur d'idées.

La loi de Pareto nous apprend que 20% des problèmes représente 80% de l'importance de tous les problèmes. Il est évident qu'il est préférable de classer les problèmes et de d'abord résoudre les 20% les plus importants.

L'individu n'est pas capable de résoudre un grand problème, mais il peut diviser le problème en éléments et en relations entre ces éléments. Il faut toutefois prendre garde de ne pas simplifier le problème en oubliant des éléments et ne pas perdre de vue la recherche de la solution du problème global.

Pour trouver la solution il ne faut pas appliquer la méthode N.I.V., le "not invented here" typique de la culture de certaines sociétés. Il ne faut pas réinventer la roue, pourquoi ne pas rechercher les solutions des autres, analyser les similitudes et les différences et extraire les concepts qui peuvent s'appliquer efficacement à la solution recherchée.

Penser fonctionnel c'est aussi mettre les idées sur papier. Etablir une liste d'idées et la compléter au fur et à mesure que de nouvelles idées sont découvertes. C'est écrire les idées dans un tableau de lignes et de colonnes et ainsi découvrir les ressemblances et de nouvelles idées qui correspondent aux cases vides.

Jusqu'à présent nous avons parlé de méthodes pour trouver des nouvelles idées. Mais pour que la créativité conduise à l'action de construire quelque chose de réel il faut que les idées soient ordonnées  afin qu'elles correspondent à quelque chose de possible dans la réalité extérieure. La méthode FAST, Functionnal Analysis System Technique, utilise le principe de cause à effet pour organiser les idées, pour trouver les relations entre elles et découvrir les idées manquantes. La méthode FAST utilise le jugement rationnel heuristique qui consiste à utiliser certaines règles pour obtenir un résultat optimum.

fast0.gif (4421 octets)

méthode FAST

Après avoir rassemblé les idées, le problème et la solution sont présentés sous forme de fonctions. Une fonction est définie par un verbe et un nom. Pour chaque fonction on pose la question "comment" et "pourquoi". Les fonctions sont classées de sorte que la fonction "réponse à comment" est à droite de la "fonction comment". Si le classement est complètement cohérent, les fonctions "réponses à pourquoi" sont toujours à gauche des fonctions "pourquoi", si ce n'est pas le cas il faut rechercher de nouvelles fonctions.

Prenons un exemple. Je désire gagner plus d'argent. Comment? Quatre idées se présentent: faire un second travail, faire un autre travail, augmenter le temps de travail, augmenter le salaire horaire. Ces quatre idées sont écrites à droite de l'idée de gagner plus d'argent. Comment augmenter le salaire horaire, en obtenant une augmentation. Comment obtenir une augmentation, en améliorant mes résultats. Comment améliorer mes résultats, en apprenant. Comment apprendre, en analysant mes faiblesses.

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méthode FAST

Vérifions si la solution proposée est logique, si elle correspond à toutes les actions que je dois entreprendre pour réussir. Pourquoi analyser mes faiblesses, pour apprendre. Pourquoi apprendre, pour améliorer mes résultats. Pourquoi  améliorer mes résultats, pour obtenir une augmentation! Ce n'est pas logique car ce n'est pas possible, c'est moi qui améliore mes résultats mais c'est mon chef qui me donne une augmentation. Il manque une idée qui assure la relation entre mon action et l'action possible de mon chef "communiquer amélioration". Pourquoi améliorer mes résultats, pour communiquer l'amélioration à mon chef. Pourquoi communiquer l'amélioration, pour obtenir une augmentation. Pourquoi obtenir une augmentation, pour gagner plus d'argent.

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méthode FAST

Et voilà, pour augmenter votre créativité il vous suffit d'appliquer toutes ces méthodes. Si vous le faîtes, vous êtes un génie et les génies cela existe. Le problème avec les génies c'est qu'ils ont des idées lumineuses soudainement, lorsque cela leur convient. Or vous devez trouver une nouvelle solution à votre problème dans un laps de temps limité.

Penser avec les autres est une méthode qui vous permet d'accélérer le processus du générateur d'idées. Du fait de ses tendances, chaque individu utilisera plus ou moins bien une ou plusieurs méthodes. En utilisant plusieurs individus dont chacun maîtrise bien une ou plusieurs méthodes on obtient un groupe ayant un potentiel de créativité important. Ce groupe sera dirigé, ou plutôt orienté, par un meneur de jeu qui ne participe pas à la génération d'idées mais sélectionne les participants, veille à l'élimination des blocages et est responsable de la présentation. On peut concevoir que la génération brute d'idées et la finalisation par la méthode FAST soient faites par des groupes différents, car cette dernière méthode demande une approche plus logique qui peut nuire à la génération d'idées.

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carte mentale générée par un groupe

Ainsi une carte mentale peut être générée par un premier groupe, le second groupe ordonnant et complétant les idées pour obtenir une suite d'actions logiques.

Une autre façon de penser avec les autres est la méthode Synectic. Dans un groupe, un individu A et les autres parlent en brainstorming, c'est à dire que toutes les idées sont acceptées et aucun jugement n'est porté. L'individu A ne possède pas l'expérience pour résoudre le problème mais il note tout ce qui est dit et met ces informations à la disposition de tous. A commence par décrire les éléments apparents du problème en sept phrases pendant maximum trois minutes. En cours du processus de génération d'idées, A pourra être invité par les autres à réécrire le problème, A pourra accepter une solution partielle et réécrire le problème, à la demande de A les autres pourront réécrire le problème comme ils le comprennent. Toutes les idées fournies par les autres seront présentées sous forme d'un nom accompagné d'un adjectif. Les idées seront la description de ce qui se passe quand on est dans le problème, qu'est ce qui se passe quand on est une goutte d'huile, un piston, un document, une autre personne, un outil, une télévision,...

Toutes les méthodes précédentes permettent de générer des nouvelles idées. Pour cela on utilise un groupe composé de spécialistes et de non spécialistes, ces derniers pouvant apporter un autre point de vue. Mais après que les idées aient été générées et ordonnées, elles doivent être acceptées par un individu ou par un groupe responsable qui doit porter un jugement rationnel.

Ce groupe, un comité, un conseil, une commission, un jury, est en général composé de spécialistes. Pour obtenir et affiner un jugement rationnel de groupe on peut utiliser la méthode Delphi qui est basée sur la découverte qu'après discussion, la réponse d'un groupe est en général moins précise qu'une simple médiane des estimations individuelles sans discussion. Ceci s'explique par l'influence des individus dominants, la pression du groupe vers la conformité et le fait qu'une large part de la discussion dans un groupe traite d'intérêts personnels qui n'ont rien à voir avec le problème.

Pour contrer l'influence pernicieuse de la discussion, la méthode Delphi utilise un questionnaire formel écrit pour obtenir l'opinion des membres, opinion qui est fournie sous forme de nombre compris dans une gamme. Les résultats sont analysés statistiquement et la médiane des résultats est communiquée en même temps que les questions sont reposées. Les participants peuvent ainsi modifier leurs réponses en tenant compte des différences de leurs réponses précédentes par rapport à celles du groupe. On arrête le cycle lorsque les différences entre deux réponses consécutives sont statistiquement faibles. Il est important de noter que la taille du groupe influence la précision et qu'au-delà d'une taille de quinze la précision varie peu.

Ces méthodes de créativité nous permettent de trouver de nouvelles solutions aux problèmes, solutions qui si elles passent le test du jugement rationnel logique sont possibles car elles ne contiennent pas de contradiction. Seul le jugement de vérité, suite à l'action, permet de savoir si elles sont vraies, si elles marchent. Dans le cas contraire le processus de génération sera repris en tenant compte des résultats réels obtenus, mais en laissant la porte ouverte à une nouvelle génération d'idées à partir d'autres points de vue.

Copyright2001 by Stéphane Coël - L'intelligence émotionnelle et rationnelle dans l'action

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Dans le cadre de ce lexique, il n’est pas possible de traiter de façon complète du rôle de la Sémantique Générale dans la genèse et le fonctionnement de Relatio, tant ce rôle est important.

Dans Relatio, tout peut se rapporter à la Sémantique générale de Korzybski.

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Quelques mots toutefois pour dresser un tableau rapide des concepts de ce domaine repris par l’analyse relationnelle et ses pratiques.

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La Sémantique Générale a été inventée par le comte polonais Alfred KORZYBSKI

L’idée de Korzybski était de pouvoir remplacer le langage naturel, trop flou, trop imprécis et peu en accord avec la réalité concrète, pare un langage de type mathématique en quelque sorte qui serait isomorphe avec le réel.

Ce qui est bien dans les conceptions des mathématiciens si l’on en croit cette citation de Hermann Weyl dans « La méthode de pensée mathématique » :

« En vérité, la première difficulté que rencontre l’homme de la rue lorsqu’on lui enseigne à penser mathématiquement, c’est de devoir apprendre à regarder les choses bien plus carrément en face ; sa croyance dans les mots doit être mise en pièces ; il faut qu’il apprenne à penser de façon plus concrète ».

http://vulgum.org/spip.php?article314

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L’axiome fondamental de la Méthode Relatio, ou axiome d’ouverture, est à peu près le même que celui de la Sémantique Générale, selon lequel :

« Tout ce qui ne peut se décrire en termes de processus concrets, n’existe pas »

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Cet axiome premier, signe, en apparence, l’arrêt de mort de toutes les croyances, valeurs abstraites, concepts et opinions que nous avons habituellement, et que nous avons la faiblesse de traiter comme si elles étaient réalités concrètes, existant dans la nature.

« Certaines notions très largement utilisées ne recouvrent aucune réalité, directement ou indirectement observables. » (Michel Saucet, 1983, p. 26)

« La réalité, telle que nous la concevons, n’a pas d’existence propre, c’est le produit de notre structure nerveuse. » (Michel Saucet, 1983, p. 32)

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La sémantique générale est parfois aussi appelée logique non-aristotélicienne (ou non-A), dans la mesure où le langage du territoire est en complète contradiction avec les principes de la logique aristotélicienne.

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Appliquer la Sémantique Générale, c’est se débarrasser, progressivement de tous les dualismes qui encombrent notre jugement et apporter des nuances entre les deux extrêmes : entre le blanc et le noir apprendre à voir les nuances de gris, entre le bon et le méchant, voir les comportements neutres, les changements de comportements selon les contextes…

« Dans une orientation extensionnelle, nous chercherons à penser d’une manière nuancée. Pour beaucoup de questions, la réponse par oui ou par non est une caricature de la réalité et nous enferme dans le réductionnisme. » (Michel Saucet, 1983, p. 150)

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Un excellent exercice pour commencer à utiliser la Sémantique Générale consiste à lister les jugements que nous portons sur nos partenaires habituels, autant professionnels que personnels, puis de nuancer ces jugements en répondant à des questions contextuelles.

Par exemple je constate que mon ami Roger est « radin », jugement général qui fait partie d’une paire dualiste : Radin / Généreux (ou dépensier). C’est mon avis, pour autant que je sache… oui mais quand s’est-il montré radin ? Avec qui ? Dans quelles circonstances ? Sur quel sujet ? A quelle époque de sa vie ?

Les résultats d’un tel exercice, sont presque toujours les mêmes : mon ami Roger m’apparaîtra bien moins radin après cet examen de conscience.

Le schéma de la CARTE et du TERRITOIRE

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C’est ce schéma qui fait dire à Korzybski que « le mot chien ne mord pas », exprimant par là que « la carte n’est pas le territoire », de même que la carte du restaurant n’est pas de même nature que le repas qu’elle nous propose.

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Ce schéma a le mérite d’attirer notre attention sur une erreur que nous commettons souvent : celle de confondre la Carte et le Territoire, celle de confondre l’objet et le mot qui le désigne. Nous nous comportons tous les jours comme si nous avions peur du mot « lion » autant que de l’animal : le mot « lion » nous fait fuir.

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Notre attention est également attirée sur la subjectivité des rapports que nous établissons entre les éléments de la Carte et ceux du Territoire. Nous confondons tous les jours la Réalité en soi, et notre vision de celle-ci. Cette erreur est illustrée par la devinette célèbre :

« Quel bruit fait un arbre qui tombe là où il n’y a personne pour l’entendre », version moderne du koan zen :

« Quelle lumière fait la chandelle qui brille dans la chambre quand tu en as refermé la porte ? ».

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Ce que veut dire Korzybski - qui, entre parenthèses était aussi maître zen -, c’est que la réalité en soi n’existe pas, et qu’on ne peut percevoir que la réalité, vue par nos sens, par notre compréhension, par notre système nerveux central.

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Ce type de pensée poussé à l’extrême, a donné naissance à un courant aujourd’hui bien vivace : le constructivisme, dont Paul Watzlawick est un des plus illustres représentants.

Voici quelques citations extraites de l’excellent livre collectif de Paul Watzlawick : « L’invention de la réalité » (Seuil, 1988)

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« La conception que tout individu a du monde est et reste toujours une construction de son esprit, et on ne peut jamais prouver qu'elle ait une quelconque autre existence.» Erwin Schrödinger L'esprit et la Matière

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« ...toute prétendue réalité est - au sens le plus immédiat et concret du terme - la construction de ceux qui croient l'avoir découverte, et étudiée. Autrement dit, ce qu'on suppose découvert est en fait une invention ; mais, l'inventeur, n'étant pas conscient de son acte d'invention, il la considère comme existant indépendamment de lui. » Paul Watzlawick

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« Toutes les erreurs désastreuses qui en ont résulté ont la même origine : une vérification dans le domaine de la pensée est prise pour une vérification réelle et réussie dans le monde concret » Rupert Riedl

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Cette dernière citation nous approche d’une grave conséquence de ce type d’erreur : la croyance que la logique de la Carte est « isomorphe » à celle du Territoire.

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Le précédent schéma possède, selon nous, deux graves défauts : celui tout d’abord d’être dualiste (ce que Korzybski n’était pas du tout), et celui de ne pas faire apparaître suffisamment les processus de pensée et les relations d’un niveau à l’autre.

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Nous commencerons par dire que, d’une part, il n’existe qu’un seul Territoire. On peut postuler qu’il existe quelque chose en dehors de nous, observateurs : ce quelque chose que nous appelons habituellement réalité, sera appelé ici par analogie Territoire. Quand nous prenons une carte de l’Autriche, nous ne mettons pas en doute, une seule seconde l’existence de ce pays, où nous allons souvent.

Mais qu’entend-nous par Autriche ? Un ensemble de villes, de routes, de montagnes, de monuments, de personnes... et un ensemble en mouvement permanent qu’il est totalement et définitivement impossible de décrire entièrement et précisément.

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Donc, nous postulerons, qu’en un moment donné du temps (« ici et maintenant ») le Territoire existe, et que ce Territoire est impossible à décrire en son entier. La seule vraie Carte authentique d’un Territoire, est le Territoire lui-même. Toute représentation de celui-ci, aussi détaillée soit-elle, sera encore une Carte.

On voit qu’au sens strict de ces définitions, nous ne pouvons vivre ailleurs que dans des Cartes, même lorsque nous nous promenons au beau milieu d’un territoire bien réel.

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Mais où est donc la Réalité, avec un R majuscule ? Nous n’allons pas tarder à vivre avec l’idée, au début inconfortable, que ceci est un faux problème, et que la réalité n’est aucune part ou partout à la fois, ce qui revient au même. La plupart d’entre nous, même après de longues années de pratique de la Méthode Relatio, continue à s’imaginer que la réalité est ce que nous voyons. Ce qui est la première de nos erreurs car notre perception est la première des cartes, la plus détaillée certes, mais c’est encore une représentation personnelle de ce réel toujours fuyant.

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Nous savons tous que nous ne parlons pas de l’accident qui vient de se produire, mais de l’accident, tel qu’on l’a vu. Il faudrait- il faudra - tout un cours pour développer une description exhaustive des différents filtres qui font que nos perceptions du même fait peuvent diverger autant. La perception est la moins abstraite de nos cartes, à condition que nous apprenions à l’exprimer en termes concrets de « choses et de processus tangibles ».

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C’est ici que le bât commence à blesser. Nous exprimons nos perceptions à l’aide de notre langage naturel (et comment faire autrement ?). Celui que nous avons appris avec nos parents et nos professeurs.

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March 18 2010

semantique-generale
03:29

Philosophie et logique Non-A — "Sémantique Générale"

vendredi 25 septembre 2009 à 04h46

Puisque mon attrait pour cette discipline
et une diffusion plus moderne de ses idées
m'a au départ poussé à créer un blog dédié,
voilà une série de liens commentés

concernant la Sémantique Générale d'Alfred Korzybski
et comment elle est reprise à notre époque.


N'hésitez pas à m'en communiquer d'autres !

En français :


Wikipedia :

Quoique discutable dans leur objectivité rédactionnelle, ces pages permettent d'orienter
vers pas mal de liens et permettent une première approche sans trop de recherches web poussées.

Donc : ce que " nous, francophones" en disons sur Wikipedia >
http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9mantique_g%C3%A9n%C3%A9rale

Idem pour Alfred KORZYBSKI >
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Korzybski

un lien vers un domaine d'étude assez proche à mon sens
quoique sans doute orienté plutôt vers la recherche intellectuelle >
http://fr.wikipedia.org/wiki/Approche_écosystémique

Un dernier lien pour la systémique >
http://fr.wikipedia.org/wiki/Systémique



Une carte n'est pas le territoire

Quelques parties sont consultables en ligne surtout entre 1 et 36
avec une biographie assez détaillée de Korzybski.
Les extraits principaux viennent du livre
"Le rôle du langage dans les processus perceptuels" >
http://books.google.com/books?id=VbuEw-1w-8kC&dq=%22s%C3%A9mantique+g%C3%A9n%C3%A9rale

%22&printsec=frontcover&source=bl&ots=oJjTIQU7tB&sig=tF_6WT_-SQUQd0YlJCIRIAZaU3Q&hl=en

Il vous est possible d'acheter le livre papier >
http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/Une-carte-n-est-pas-le-territoire.html



Patrick HUG :

Un texte que je trouve éclairant, rapprochant la pratique de la sémantique générale de celle du zen (3 pages en pdf) >
http://www.interpc.fr/mapage/westernlands/premisses.pdf

et une plaquette imprimable sur des stages d’initiation en sémantique générale (4 pages en pdf) >
http://semantiquegenerale.free.fr/Articles/plaquetteSG.pdf



Françoise KOURILSKY :

"Françoise KOURILSKY est docteur en psychologie, diplômée de Sciences Po. Dans le sillage de la systémique et du constructivisme, elle a modélisé une démarche de management originale, consignée dans sa thèse de doctorat et formalisée dans son livre « Du désir au plaisir de changer » qui a été préfacé par Paul Watzlawick. Cet ouvrage de référence, couronné par le prix Manpower du Meilleur Ouvrage de Ressources Humaines a déjà été vendu à plus de 50 000 exemplaires.

Elle est d'autre part Directeur d'Etudes à l'Ecole de Droit et Management de l'Université Paris Panthéon Assas ; elle est citée comme référence dans les principales grandes écoles et universités françaises de management : ESCP- EAP, ESSEC, Paris Dauphine …"

Voir aussi le site de son agence (Formations, Coaching, Conférences)>
http://www.francoise-kourilsky.com/



Isabelle AUBERT BAUDRON :

Un site de référence pour les francophones >
http://semantiquegenerale.free.fr/

Une documentation des livres en ligne d'Alfred Korzybski" >
http://semantiquegenerale.free.fr/doc.htm

dont des chapitres du livre "Science and Sanity" et le livre "Transcription des Notes des Conférences de Sémantique Générale Données à Olivet College" (1937) >


http://semantiquegenerale.free.fr/Articles/Olivet-foreword.html
tous traduits par Isabelle Aubert-Baudron



Un YahooGroup nommé "sfsg" (comprendre : Société Francophone de Sémantique Générale) >
http://fr.groups.yahoo.com/group/sfsg/

Je ne sais si les échanges y continuent, elle aurait peut être été fermée, si son administrateur m'entend, elle pourra m'informer de ce qui en est exactement.



Un autre YahooGroup créé en juillet 2008 par "Dusterizer" >
http://fr.groups.yahoo.com/group/sgenerale/



Sur "LA DIMENSION SOCIO-POLITIQUE DU LANGAGE" par Hubert MONONDJANA >
http://blogs.arte.tv/hubertmonondjana/frontUser.do;jsessionid=42A444CAB95EC2533EFCCBF0E5FB8828?method=getPost&postId=43410&blogName=hubertmonondjana



Un petit glossaire de sémantique générale >
http://www.geocities.com/interzonelibrary/dptsg23sg.html


Roger LANTERI :

Quelques explications assez claires sur les concepts de base pas si obscurs que ça.
http://www.geocities.com/interzonelibrary/dptsg3roger.html



Austrasien :

Un blog très cohérent et clair quoiqu'améliorable, rédigé par Monsieur Austrasien en personne ;-) >
http://semantique-generale.over-blog.com/liste-article-blog.php

Un "structurel (pas différentiel) de notre temps la carte heuristique pensée par Austrasien et concernant la Sémantique Générale >
http://semantique-generale.ifrance.com/



ESGS :

Le site de la Société Européenne de Sémantique Générale malheureusement plus guère utilisé de nos jours (fin 2006) mais qui contient encore énormément d'informations et de liens >
http://esgs.free.fr/fr/gs.htm

"Le rôle du langage dans les processus perceptuels" (en ligne - HTML - français)

Par Afred KORZYBSKI THE INTERNATIONAL NON-ARISTOTELIAN LIBRARY PUBLISHING COMPANY, NEW YORK
http://esgs.free.fr/fr/art/ak3.htm



ENCYCLOPEDIE.cc :

Portant sur son fondateur >
http://www.encyclopedie.cc/topic/Alfred_Korzybski.html

ENCYCLOPEDIE.cc, portant sur la Sémantique Générale mais je me rends compte que quelqu'un a fait un copier coller à partir du site wikipédia (!) >
http://www.encyclopedie.cc/topic/S%C3%A9mantique_g%C3%A9n%C3%A9rale.html


Venant de la Sorbonne :

Un article de cette éminente école (excusez du peu) >
http://siciae.univ-paris1.fr/urba/biblio.htm

Deux autres de Vulgum :

sur la Sémantique Générale >
http://vulgum.org/article.php3?id_article=317

Sur Alfred KORZYBSKI >
http://vulgum.org/libre/spip.php?article305


Castalie :
http://www.castalie.fr/article-20787.html


Michel_G. :

Sur la physique quantique, une série de vidéos sur Dailymotion >
http://www.dailymotion.com/visited/search/quantique/1
du moins ceux qui sont proposés par Michel_G.

exemple à voir >
http://www.dailymotion.com/visited/search/quantique/video/xifh4_quantique-1-2-complet/1

FredBird et son Wiki :

En français
http://wiki.fredbird.org/

Quelques éléments de Sémantique Génerale :

Traduction française issus du site de Steven STOCKDALE (This is not that)
http://www.vincelety.lautre.net/sg/


Jiddu KRISHNAMURTI

(pour la non filiation, la non adhérence avec une autorité quelconque au profit d'une vraie révolution intérieure personnelle).

http://www.krishnamurti-france.org/


Avoir des informations ou être informé... >
http://etre-humain.net/conscience/index.php/2007/03/30/4-avoir-informations-etre-informe


En anglais :


Wikipedia
http://en.wikipedia.org/wiki/General_semantics

l'ESGS
LE livre "Science and Sanity d'Alfred KORZYBSKI transcrit en pdf >
http://www.esgs.org/uk/art/sands.htm



The Institute of General Semantics of Fort Worth :

Une des principales sources des idées sur la chose... >
http://www.generalsemantics.org/
http://www.myspace.com/generalsemantics


Steve STOCKDALE: This is not that

Un site un peu plus alternatif parlant de sémantique générale mais - cas assez rare pour être souligné - avec un peu de couleurs gaies et de petits persos rigolos. (ça change ;-)... >


http://www.thisisnotthat.com/



Milton DAWES: ... structuring ... ordering ... relating ...
http://miltondawes.com/index.html

Ralph Kenyon:
Un site plutôt critique et donc très lucide sur le sujet - mise en page web imparable ! >
http://www.xenodochy.org/gs/

TIME-BINDING: The General Theory SECOND PAPER >
http://evans-experientialism.freewebspace.com/korzybski_timebind02.htm

Groupes Facebook - anglophones >
E Prime acquiring semantic hygiene
http://www.facebook.com/group.php?gid=15285736629


General Semantics
http://www.facebook.com/group.php?gid=2366534392


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LISTE DE LIENS UN PEU MOINS OFFICIELS :
Par lucma :
Une page en français qui contient les
entêtes de chapitres : "Le monde des Non-A" de A.E. VAN VOGT, 1948 en pdf >

http://www.theproofofthepudding.net/ftp-divers/ftp4ning'sthisisnot/entetes_chapitres_monde_non-A.pdf


Et même principe pour les entêtes de chapitres (je crois comprendre qu'on peut dire épigraphes)
Non-axiomes : "Les joueurs du non-A"
(deuxième tome, du même auteur mais en 1956) >

http://www.theproofofthepudding.net/ftp-divers/ftp4ning'sthisisnot/epigraphes_les_joueurs_du_non-A.pdf

À propos de Boris VIAN et de son implication par rapport à ces livres.
"Peut-on le considérer comme l'introducteur de la science-fiction en France? Là aussi, plus qu'un branché, c'est un découvreur. Il a été frappé par la sémantique générale de Korzybski, qui disait, pour simplifier: «Derrière le mot, il y a l'image», ou encore «La carte n'est pas le territoire». La phrase «Le mot chien ne mord pas» plaisait énormément à Vian. Quand il traduit Van Vogt pour Le Rayon fantastique, en 1953, il participe à ce courant de pensée. Et Le monde des à est l'un des premiers romans de science-fiction. Vian avait la tête dans les nuages mais les pieds dans la science."
Cité de la page >
http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=53376/idR=200/idG=
(Sur Boris Vian article de Tristan Savin "La comète Vian dans le magazine Lire, avril 2009)


Par d'autres :

+ Une carte "heuristique" (mindmap) qui tente de regrouper des liens vers des publications de personnes ou d'organisations gravitant autour de la Sémantique Générale (vous avez des liens cliquables avec les petits globes à droite de chaque "étiquette") >
http://www.mindomo.com/view?m=fbf43036dd59103124dda717dc80f6f4


Hubbuboo.com :
Un blog, sous titre "A confused sound of many voices - and not all of them in my own head!"
http://www.hubbuboo.com/index.php/category/general-semantics/

Evans :
Apparemment quelqu'un ayant étudié Science & Sanity >
http://evans-experientialism.freewebspace.com/matherne_korzybski.htm

Guillaume :
Une sorte de blog qui s'appelle clipmarks, fait par un français habitant à Londres >
http://clipmarks.com/clipmark/1C2A7910-DF48-4E01-BC6C-0CC73472B3E2/
et si le lien précédent ne marche pas >
http://clipmarks.com/clipper/Guillaume/


Mindbit :
Un autre en américain mais un peu bizarre
http://general-semantics.org-server.mindbit.com/

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Le plus bizarre et surtout au goût occulte :
(vous verrez vous même) il n'y a qu'à regarder le symbole au milieu de la page en haut pour se faire une idée de la taille des pincettes avec lesquelles prendre les documents de ce site... ne vous laissez pas embarquer dans n'importe quel navire !
http://www.greylodge.org/occultreview/glor_002/manhood.htm
Par contre il me semble qu'ils mettent à disposition une bonne partie de l'ouvrage principale de A.K. Science & Sanity... Il faut voir plus bas dans cette page pour avoir la table des matières...
PREFEREZ LUI
LA TRANSCRIPTION FAITE PAR L'ESGS ! (pdf en anglais) >
http://esgs.free.fr/uk/art/sands.htm
à copier coller dans la barre d'adresse de votre navigateur si le lien direct ne renvoie pas sur la page dont le titre est :
Science & Sanity
by ALFRED KORZYBSKI, Author of Manhood of Humanity
European Society for General Semantics


Groupes Facebook - francophones >


***


Joindre l'humour et l'esprit est ce possible ? En tous cas plein de ressources intelligentes
sur l'intelligence — ce qui fait forcément réfléchir ;-) >
http://www.absara.com/index.html/__show_article/_a000014-000462.htm

+ une autre page à lire >
http://www.absara.com/index.html/__tag/covey

+ une dernière page à lire >
http://www.absara.com/index.html/__show_article/_a000014-000437.htm

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CITATIONS :

En anglais et par rapport aux idées de Sémantique Générale (dans le site web de l' Institute of General Semantics >
http://time-binding.org/about/quotes.htm

Extraites du site http://www.time-binding.org :


We see what we see because we miss all the finer details.
- Alfred Korzybski

Nous voyons ce que nous voyons parce que nous sommes pas capables de voir les détails les plus petits.

3 Questions: "What?"........."So what?"........."Now what?"
- Coro wisdom

3 questions : "Quoi ?" … "Alors quoi ?" … "Et maintenant quoi ?"

"The world we have created today as a result of our thinking thus far has problems which cannot be solved by thinking the way we thought when we created them."
- Albert Einstein

"The aim of education is the condition of suspended judgment on everything."
- George Santayana

"Truth, on the contrary of what usually is assumed, is not an ideal reflection of something real, but rather a product of free activity by the human spirit, which would nowhere exist, would we not create it by ourselves..."
- Rudolf Steiner

"If we value the pursuit of knowledge, we must be free to follow wherever that search may lead us. The free mind is no barking dog to be tethered on a 10-foot chain."
- Adlai Stevenson

"Teaching and learning that lead to no significant change in behavior are practically worthless."
– Irving Lee

"Learning to un-learn to learn, for me, best describes the process of learning the discipline theoretically (verbally) and organismically."
– M. Kendig

"Learning is the gradual replacement of fantasy with fact."
- Gifford Pinchot

"The trouble with people is not so much with their ignorance as it is with their knowing so many things that are not so."
- William Alanson White

"You can't no more teach what you ain't learned than you can come from where you ain't been."
- Mark Twain

"A person does what he does because he sees the world as he sees it."
- Alfred Korzybski

"You can't step into the same river twice."
- Heraclitus

"All our knowledge has its origins in our perceptions."
- Leonardo da Vinci

"Happiness is not something that happens….It does not depend on outside events, but, rather, on how we interpret them."
- Mihaly Csikszentmihalyi

"We are always getting to live, but never living."
- Ralph Waldo Emerson

"How we feel about ourselves, the joy we get from living, ultimately depend directly on how the mind filters and interprets everyday experiences."
- Mihaly Csikszentmihalyi

"God may forgive your sins. But your nervous system won't."
- Alfred Korzybski

"The self explorer, whether he wants to or not, becomes an explorer of everything else."
- Elias Canetti

"Common sense is the collection of prejudices acquired by age eighteen."
- Albert Einstein

"Nothing so needs reforming as other people's habits."
- Mark Twain

"Time is but the stream I go fishing in."
- Henry David Thoreau

"It ought to be remembered that there is nothing more difficult to take in hand, more perilous to conduct, or more uncertain in its success, than to take the lead in the introduction of a new order of things. Because the innovator has for enemies all those who have done well under the old conditions, and only lukewarm defenders among those who may do well under the new."
- Machiavelli

"The reasonable man adapts himself to the world; the unreasonable one persists in trying to adapt the world to himself. Therefore all progress depends on the unreasonable man."
- George Bernard Shaw

"To progress, man must re-make himself, and he cannot re-make himself without suffering. For he is both the marble and the sculptor."
- Alexis Carrel

"Writing about music is like dancing about architecture."
- Elvis Costello

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En français (traduit de l'américain par Didier Kohn, Mireille de Moura, & Jean-Claude Dernis) et extrait de la "Préface à la première édition de Science and Sanity" (1933)
source=

Il est difficile pour un philosophe de se rendre compte qu'en vérité chacun enclôt sa discussion à l'intérieur des limites que j'ai posées devant vous. La frontière se place à l'endroit exact où celui qui discute commence à se passionner. [1]

A. N. WHITEHEAD



Que tous les démolisseurs ajoutent forcément de nouvelles idioties de leur cru pour remplir le vide entraîné par l'annihilation du passé, est sans doute une loi de la nature. [2]

E. T. BELL



Enseigner sans système rend l'apprentissage difficile.

Le Talmud



Le profane, l'homme 'pratique', l'homme de la rue, dit : Cela me concerne-t-il ? La réponse est affirmative et grave. Notre vie dépend entièrement des doctrines établies en matière d'éthique, de sociologie, d'économie politique, de gouvernement, de droit, de médecine, etc. Cela affecte consciemment ou inconsciemment tout le monde, à commencer par l'homme de la rue, parce que c'est lui qui est le moins protégé.[3]

A. K.



Quand de nouvelles orientations cessent d'apparaître dans la vie d'une personne, son comportement cesse d'être intelligent. [4]

C. E. COGHILL

Prête ton attention à cette leçon-là,
Essaie encore ;
Si tu ne réussis pas la première fois
Essaie encore ;
Alors ton courage apparaîtra,
Car si tu persévères
Tu gagneras, ne crains rien
Essaie encore.

WILLIAM EDWARD HICKSON

semantique-generale
03:27

La sémantique générale, système de pensée présenté par son auteur comme « non-aristotélicien », a été fondée par Alfred Korzybski après qu'il a pris conscience, au cours de la première guerre mondiale, que les mécanismes de pensée qui auraient provoqué cette guerre reposeraient sur les postulats de la logique d'Aristote [1] (principe d'identité, de contradiction et du tiers-exclu) , qui maintenaient l'Occident dans une logique du conflit. Il formula alors une nouvelle logique, non-aristotélicienne, basée sur de nouveaux postulats, et qui correspondrait à l'évolution scientifique du XX° siècle (physique quantique, théorie de la relativité de Einstein [2] ). Korzybski en expose les principes, principalement dans son ouvrage majeur Science and Sanity, an introduction to non aristotelian systems and general semantics, dont la première édition paraît en 1933.

Le terme sémantique générale prête à confusion et pourrait faire penser que cette « théorie » se rattache à la seule sémantique. C’est-à-dire à l’étude du « sens » des symboles et expressions. L’ambition de Korzybski dépasse ce cadre symbolique : il s’agit ici de considérer le « sens » de façon opérationnelle, par la façon dont notre organisme réagit à son environnement (y compris lui-même). La sémantique générale englobe certes la sémantique comme cas particulier, mais s’oriente autant et davantage vers la neurophysiologie, la psychiatrie ou les théories de la communication.

L’article suivant tente de définir de manière extensionnelle (cf. infra) la sémantique générale.

Sommaire:
1. Historique
2. Hypothèses neurologiques de la sémantique générale
3. Une analyse du langage
4. Une théorie non-aristotélicienne
5. Conclusion
6. Vulgarisation - Artistes et auteurs
7. Remarques
8. Articles connexes
9. Liens externes
10. Bibliographie des livres en ligne d'Alfred Korzybski
11. À propos de la sémantique générale
12. Notes et références

1. Historique

Dès les années 1920, Korzybski se demanda comment les êtres humains faisaient des évaluations erronées.

Il commença par formuler la faculté, qu’il baptisa Time-binding, de pouvoir, grâce à l’usage des symboles, transmettre l’acquis d’une génération à la suivante. Ceci fait, grosso modo, l’objet de son premier ouvrage, Manhood of humanity (disponible en version PDF ici : [4]).

2. Hypothèses neurologiques de la sémantique générale

« Ce qui peut être montré ne peut être dit. » Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus.

Invoquant les progrès de la neurologie et de la psychiatrie en 1933, Korzybski rappela que notre représentation du monde s'effectue par des perceptions - ou interactions - ayant :

  • leurs limites (exemple : les limites visuelles - infrarouge et autres ondes électromagnétiques),
  • leurs pertes (exemple : un son masqué par un autre, ou un dysfonctionnement du pavillon de l'oreille),
  • leurs éléments non-conscients (exemple : la conscience de son état physique étant imperceptible, sauf par la douleur; les divers taux de substances dans le sang - oxygène, fer, etc.),
  • et d’autres enfin peuvent être sans rapport avec l’objet perçu (hallucinations, illusions d’optique, acouphènes…).

En tout état de cause, notre perception du « réel » demeure partielle et personnelle.

  • Exemple presque quotidien : un voyageur met « sans s'en rendre compte » ses pieds sur une banquette ou jette un papier à terre. Cela peut causer l'irritation d'un autre voyageur qui le lui fera remarquer ; mais comme le premier « n'a rien remarqué » de son propre comportement, il pourra percevoir cette intervention au contraire comme une agression gratuite, à laquelle il cherchera des motivations sans rapport avec la réalité (d'autant qu'un processus de déni de l'élément d'origine sera à l'œuvre).
  • En sens inverse, les « objets » qui nous entourent pourraient également être décrits par des jeux de molécules, atomes, etc. en perpétuelle évolution, sans que notre compréhension globale y gagne quoi que ce soit (voir l'article Émergence).

Notre esprit est donc amené à se construire des « représentations » internes du monde extérieur (cartes) à l’aide d'informations filtrées. Ces cartes, symboliques (désignation verbale, par exemple) ou non, ne prétendent nullement dupliquer exactement l'objet réel, dynamique et unique ; il s’agit du principe de non-identité, résumé dans l’apophtegme célèbre : « Quoi que vous disiez qu’une chose est, elle ne l'est pas ! ».

À partir de ces constatations, Korzybski établit trois principes essentiels :

  1. Une carte n’"est" pas le territoire qu’elle représente : les mots ne "sont" pas les 'objets réels', le mot « chien » ne mord pas, etc. ; cela peut paraître trivial, mais qui n'a pas par exemple nommé un jour ou l'autre « souris » le pointeur associé à celle-ci qui apparaît sur son écran ? [3] La confusion entre carte et territoire constitue un phénomène courant dont les conséquences se manifestent quand on ne s'y attend pas.
  2. Une carte ne recouvre pas tout le territoire qu’elle représente : le symbole omet de représenter certains « attributs » de l'« objet » qu’il représente ; quel âge a cette chaise ? Quel masse a cette voiture ? etc. ; or comment être certain « avant de conduire son raisonnement » que ce qui a été négligé dans ce processus d'abstraction n'est pas justement essentiel ?
  3. Toute carte (est) autoréflexive : 'on' peut construire une carte de la carte (sa légende), une carte 'parle' autant de son 'objet' que du cartographe qui l’a créée, etc. [4]

Imaginant alors le cheminement de l’influx nerveux lors du fonctionnement normal du cerveau, Korzybski suppose la présence d’un premier traitement dans le système limbique et thalamique, c’est-à-dire dans des centres encéphaliques archaïques responsables des sensations, des impressions — et non des fonctions symboliques. Il met ainsi en évidence l’importance de ce qu’il appelle les « niveaux silencieux », premiers filtres au travers desquels notre système nerveux traite et répond aux informations qui lui parviennent. Après avoir traversé le complexe limbo-thalamique, l’influx (ou plutôt les influx, étant donné le nombre de connexions neuronales activées) arrive dans les zones corticales et néocorticales où il acquiert une valeur symbolique (nom) par comparaison et catégorisation avec des expériences antérieures (« niveaux verbaux »).

À chaque étape de ce processus, les informations entrantes sont traitées, colorées, interprétées, un processus que Korzybski nomme abstraction ; il baptise l’ensemble des abstractions qui ont lieu à l’occasion d’un stimulus évaluation, et la réaction de notre système nerveux, à tous les niveaux, réaction sémantique (r.s.).

Chez l’homme, le résultat de ces abstractions successives, peut servir, par réentrance, à produire un nouveau stimulus (p.ex. : au travers de discours, écrits…), qui produira chez le même ou chez d’autres individus une nouvelle évaluation (commentaire à propos d’un discours…), etc. Jean-Pierre Changeux l'exprimerait de nos jours en disant que les concepts sont constitués par association neuronale de percepts ou de percepts avec d'autres concepts, ou même de concepts entre eux.

La chaîne des niveaux d’abstraction, chez l’homme, est indéfinie, mais de ce fait de moins en moins signifiante. Or les plus hautes abstractions produites par l’homme à chaque époque correspondent souvent à des descriptions du niveau le plus bas, formant ainsi une sorte de boucle. Ces raisonnements servent de base à la conception du différentiel structurel, un diagramme qui représente physiquement ce processus d'abstraction.

Ces hypothèses de Korzybski se vérifient en neurophysiologie 'moderne' (2004) par l’étude anatomique et fonctionnelle de l’encéphale, et la description clinique de certaines pathologies, particulièrement la prosopagnosie, l'aphasie, incapacités qu’a un patient de passer des niveaux silencieux (~ perception) aux niveaux verbaux (impossibilité de nommer un objet, suite, par exemple à une lésion de l’aire de Wernicke). Les niveaux silencieux sont eux-mêmes scindés en plusieurs sous-niveaux, puisque certains patients atteints de lésions de l’aire V1 du cortex visuel primaire (aire 17 de Brodmann), quoique n’ayant plus de perceptions visuelles 'conscientes' (rupture de la chaîne d’abstractions), se révèlent néanmoins capables de localiser et de suivre le mouvement des objets qui leur sont présentés ('perception' visuelle sous-corticale).

2. 1. L’importance de la structure

Poursuivant l’analyse de nos représentations, Korzybski remarque que nous construisons des relations (plus haut, plus bas, plus grand, à gauche, à droite…) qui aboutissent à des cartes de cartes, et ainsi de suite, conformément au troisième principe énoncé ci-dessus. Mais ces cartes ne servent que dans la mesure où le système de relations qui les lient (structure) correspond exactement au système de relations qui relie les « objets » qu’elles représentent, à l’image d’une carte au sens traditionnel de la cartographie.

Comme nous ne connaissons le « réel » que par le truchement de son action (relations) sur notre système nerveux, nous ne pouvons le comprendre qu’en inventant des ensembles de symboles et de relations dont nous essayons de faire coïncider la structure avec celle des « objets » que nous étudions : tel est le but de la « mathématique », entre autres. Korzybski écrit :

« Comme les mots ne sont pas les objets qu’ils représentent, la structure et la structure seule devient notre liaison entre les processus verbaux et les faits empiriques. […] nous devons d'abord étudier les caractéristiques structurelles du monde et ensuite seulement bâtir des langages de structure analogue, et non appliquer au monde nos structures linguistiques primitives. Toutes nos doctrines, institutions, etc. dépendent de principes verbaux. Si ces derniers s'expriment dans une langue possédant une structure inadaptée, nos doctrines et nos institutions possèderont la même inadaptation, ce qui nous conduira tout droit vers un désastre. » Science & Sanity, p. 59.

3. Une analyse du langage

3. 1. Intensionnalité et extensionnalité

Muni de ces axiomes cadres, Korzybski poursuit son analyse dans le domaine du langage. De la mathématique élémentaire, il « importe » les notions d’intensionnalité et d’extensionnalité. Définir un ensemble en intension consiste à formuler une propriété commune aux objets de l’ensemble (ex : « l’ensemble des voitures bleues ») ; l’extension consiste à énumérer tous les éléments de cet ensemble (« voiture de Guy, de Pierre, de Monique… »).

Parfois, il faut énumérer une série d’objets semblables, sans pouvoir les différencier a priori par un attribut particulier. Korzybski suggère alors d’utiliser, à l’image des mathématiques, une indexation numérique : table(1), table(2), etc. Cette indexation peut également s’appuyer sur des distinctions temporelles (Le Petit Robert(1999), Le Petit Robert(2002), etc.) ou spatiales (l’océan Atlantique à Biarritz, à La Baule, à Brest…).

Si les ensembles sont finis, il est possible de les énumérer en un temps fini. Quand l’ensemble est infini, cela n’est pas possible (par ex. l’ensemble des nombres premiers) - par ailleurs il existe des ensembles infinis dénombrables, et d'autres infiniment infinis, la notion est 'infiniment' compliquée; il s’agit d’ailleurs d’un 'avantage' de la définition intensionnelle : elle permet de 'spécifier' de manière concise une collection de taille importante, voire infinie. Pour profiter de cet avantage, tout en conservant l’orientation extensionnelle, Korzybski recommande l’utilisation des signes etc. ou … : il s’agit ici de clore une énumération faute de place/temps, tout en gardant à l’'esprit', et en avertissant le lecteur/interlocuteur, que celle-ci continue, voire ne s’achève pas. On pourra ainsi énumérer l’ensemble des nombres premiers par {2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, etc.} - à supposer qu'on les connaisse à l'avance sinon il est impossible de les énumérer, ce qui est illogique, personne n'étant infini.

Indexer spatio-temporellement constitue l’un des premiers moyens d’éviter des incompréhensions ou de démonter des arguties : parler de la science en général n’a pas de signification précise, à l’inverse de la science (ici, maintenant) ou de la science chez les Papous il y a 200 ans. Cette remarque attire l’attention sur le fait qu’il existe une catégorie de mots, majoritairement abstraits (science, philosophie, vie, environnement, économie…), qui représentent des fonctions (au sens mathématique) : il existe une acception spatio-temporelle clairement définie de ces termes mais ils peuvent porter à confusion dans la perception commune.

L’utilisation du symbole etc. nous permet également de nous conformer au deuxième principe, la non-toutité : si nous ne pouvons 'tout' dire sur un objet, nous pouvons en énumérer quelques propriétés, et compléter par etc. pour montrer que nous savons que la liste ne se clôt pas. Une pomme ronde, verte, juteuse, mûre, etc. (par ex. : véreuse !) ; cet homme est grand, etc. ; etc.

3. 2. Observations et inférences

Lorsqu’un auditeur écoute une phrase prononcée par un locuteur, il s’approprie ce discours, et l’abstrait : il associe son contenu avec diverses expériences mémorielles, habitudes, catégories, attributs… souvent au « niveau silencieux » ; il s’agit de l’évaluation du discours. Cependant, rien ne nous assure que les évaluations du locuteur et de l’auditeur concordent (nous savons même qu’elles ne peuvent que diverger dans une mesure plus ou moins importante) ; faute de se mettre au préalable d’accord sur la signification exacte des termes utilisés, il y a des chances de mésentente. En outre, comme l'a fait Kant, il convient souvent de redéfinir les termes que nous employons afin d'être compris.

L’une des manifestations les plus flagrantes de ce phénomène réside dans la distinction entre observations et inférences. Les observations dérivent d’une expérience perceptive directe : je vois une pomme. Maintenant, si je me tourne vers mon voisin qui me demande : « Que vois-tu ? » et que je lui dis : « Je vois une pomme », si lui ne peut pas la voir, il va sans doute se la représenter (activation des « niveaux silencieux ») comme possédant un certain nombres d’attributs (ronde, verte ?, sucrée, etc.). A rapprocher de la plaisanterie : - Que vois-tu ? - Un doigt. - Je suis bien caché alors ! Ou alors de l'idée de regarder une rose, et de ne jamais avoir le mot 'rose' en tête.

Si maintenant je lui demande : « Quelle forme a ma pomme ? », il répondra sans doute : « Ronde ». Or, la pomme que je vois a été à moitié croquée et n’est donc plus ronde. Mon interlocuteur, en répondant, a confondu une carte « interne » (objet rond, vert, croquant, juteux, sucré…) qu’il a automatiquement associée au mot « pomme » avec un fait constaté (observation). Il a attribué à mon observation une signification qu’elle ne possédait pas. On parle dans ce cas d’inférence. Cette dernière ressortit à ce que l’on nomme confusion d’ordre d’abstractions, c’est-à-dire la confusion de mon abstraction (mon observation) avec une autre abstraction, qui résulte non d’une observation directe de cette pomme, mais de mon abstraction (donc d’ordre plus élevé). Cette distinction de l’ordre des abstractions occupe une place centrale en sémantique générale. Nous y reviendrons.

Autre exemple : les illusions d’optique. On peut rappeler à ce sujet que 80 % des inférences du corps géniculé latéral, qui constitue le premier relais thalamique de la vision, viennent de l’encéphale et non de la rétine…). Il faut concentrer son attention ou s’entraîner pour remarquer les différences. Korzybski a écrit à ce sujet un article intitulé : « Le rôle du langage dans les processus perceptuels ». [5] .

Dernier exemple. Si je vous dis : « José est rentré chez lui en voiture », et qu'ensuite je vous demande : « Est-ce que José a pris sa voiture pour rentrer chez lui ? », si vous répondez : « Oui », vous commettez une inférence. José a en effet pu prendre la voiture de quelqu'un d'autre, en louer une, ou encore être raccompagné par un tiers. La distinction observation # inférence prend ainsi un rôle primordial dans le domaine des enquêtes policières. Ce genre d'inférences est le plus répandu, on peut le constater dans la vie quotidienne. On se réfère plus que souvent à des expériences personnelles afin de décrypter les informations qui nous parviennent. Elles peuvent parfois avoir des conséquences catastrophiques.

Nous avons besoin, pour notre 'fonctionnement' normal, de jouer sur les observations et les inférences ; dans la plupart des cas, nos inférences se révèlent justes : un mouton aura bien quatre pattes [6] , le paquet contiendra bien l'objet que nous attendons, etc. Elles forment le piment des phrases à double sens, à sous-entendus. Aux « niveaux silencieux », les inférences nous servent à anticiper des comportements, des mouvements, à saisir des objets, parfois à deviner des traits de caractère (intuition : « je le sens pas », « j'y crois dur comme fer ! », etc.). Cependant, pour ne pas commettre d'erreurs de jugement, il convient de demeurer conscient de la différence entre observation et inférence, de manière à ne pas prendre l'un pour l'autre (et vice-versa).

Généralement, confondre observations et inférences ne se traduit, au pire, que par des surprises éphémères et sans conséquences majeures. Toutefois, certaines confusions sont plus préjudiciables, surtout quand elles renforcent de fausses tautologies (toutité : 'tous' les 'jeunes’sont des 'sauvageons'…) ; le lecteur cherchera lui-même quelles peuvent être les inférences reliées à certains noms ou adjectifs comme : « Arabe », « Américain », « Corse », « Juif », etc. (voir aussi Préjugé).

Certains tests permettent d'évaluer l'aptitude à différencier observations et inférences. [7]

L'on peut remarquer que confondre observation et inférence consiste souvent à attribuer sans fondement des attributs à un 'objet' particulier que l'on n'a pas observé, ou insuffisamment, mais qui appartient à une 'catégorie' ('classe') connue possédant des caractéristiques 'habituelles'. Il s'agit donc, une nouvelle fois, d'une orientation (abusive) vers la ressemblance au détriment de la différence (quelle est la ressemblance entre les éléments de l'ensemble de tous les ensembles, sinon qu'ils sont tous des ensembles, ce qui ne signifie rien ?). Le fait d'établir des lois générales à partir d'observations particulières s'appelle quant à lui l'induction.

3. 3. Termes non-définis

Si nous parcourons un dictionnaire en commençant par un mot quelconque, que nous recherchons la définition des mots qui servent à le définir, et ainsi de suite, nous arrivons fatalement à tomber sur une boucle linguistique : le corpus lexical fini ne peut donner naissance à une chaîne de définition infinie. Ainsi, le mot B définira le mot A, le mot C définira B, et A définira C.

Korzybski remarque que cette particularité se rencontre dans la plupart de nos activités symboliques. Ainsi que nous l’avons dit, en science, nous construisons des théories mathématiques, logiques… de très haut niveau, inférentielles (dans le sens où nous les basons sur des hypothèses et que nous cherchons à les confirmer par des observations), dont la structure cherche à reproduire celle des phénomènes 'réels' que nous observons. Si la structure au temps t ne convient pas, nous la modifions en fonction de nouvelles observations, etc. Il y a donc, là aussi, un phénomène de boucle. Bertrand Russell remarqua à ce sujet que : « Les mathématiques sont la science dans laquelle on ne sait jamais de quoi on parle ni si ce que l’on dit est vrai. » Il s'agit pour le moins d'affirmations abusives. Tant il est vrai que Leibniz fit des mathématiques afin de prouver l'existence de Dieu, tant les mathématiques actuelles reposent sur des éléments démontrés, et constatés, par plusieurs. Même si l'inférence est un défaut majeur de nos moyens de compréhension, il est avéré que les mathématiciens ont acquis suffisamment de sagesse afin de pallier ce genre de distorsion de la réalité (voire le théorème de Fermat, étudié par Andrew Wiles). Par ailleurs, il suffit de s'intéresser à l'hypothèse du continu pour évaluer la capacité des uns à 'se poser des questions' sur leurs observations.

Enfin, résumer les mathématiques à un objet 'circulaire' revient à dénier sa qualité intrinsèque : 'l'introspection'.

Korzybski dénomma cette caractéristique générique du savoir humain circularité.

Cependant, chacun de nous croit comprendre le discours des autres, ce qui signifie, que nous attribuons une valeur commune à certains aspects de notre vocabulaire. Compte-tenu de la circularité, cela implique que chaque personne possède un sous-ensemble lexical de base formé de termes primaires, non-définis, à l’aide desquels il construit ou interprète le sens des autres vocables qu’il connaît. Cet ensemble résulte de certaines catégorisations que nous effectuons d’après notre mémoire, expérience… Il s’agit d’un ensemble fluctuant, dynamique.

Si, en 1933, la neurologie ne possédait pas encore assez d’éléments pour appuyer cette thèse, les découvertes récentes incitent à penser que les diverses aires corticales catégorisent nos 'perceptions' (séparation d’un 'objet' et de son 'environnement', du 'moi' et du 'non-moi', etc.) et établissent des corrélations automatiques entre les différentes 'catégories' pour former des scènes complexes. Pratiquement, cela signifie que la « relation », l'« ordre » spatio-temporel auraient un caractère inné. D’autres sensations, comme « froid », « chaud », « sucré », « clair », « agréable », « douloureux »… résultent également de l’évaluation directe de stimuli par le système limbothalamique (voire réflexe).

3. 4. Multiordinalité

- Je ne suis certain de rien.
- En êtes-vous sûr ?

Si nous prenons conscience qu’une phrase et une phrase à propos de cette phrase constituent deux niveaux d’abstraction différents, nous pouvons élégamment éviter de tomber dans le piège de certains paradoxes de langage, comme celui d’Épiménide : « Je mens ». Je mens s’interprète comme : « Je prononce une phrase P, dont j’affirme la fausseté. ». Mais P appliquée à P, c’est-à-dire : « Je prononce la phrase : « Je prononce la phrase P, dont j’affirme la fausseté », dont j’affirme la fausseté », n’est pas P, mais une métaproposition P', d’ordre d’abstraction plus élevé, indépendante de P, même si elle s’exprime dans les mêmes termes. Il n’y a ainsi aucune contradiction à ce que P soit vraie, et P' fausse, et ainsi de suite. Korzybski rejoint donc sur ce point la Théorie des types, formalisée par Russell et Whitehead.

Il se rendit compte également qu’une classe de mots possédait une 'propriété' particulière :

« Les mots oui, non, vrai, faux, fonction, propriété, relation, nombre, différence, nom, définition, abstraction, proposition, fait, réalité, structure, caractéristique, problème, savoir, penser, parler, haïr, aimer, douter, cause, effet, sens, évaluation et ainsi de suite, un nombre très important des mots de notre vocabulaire doivent être considérés comme multiordinaux (m.o.) Ces termes ont une caractéristique sémantique très importante, à savoir qu’ils sont en général ambigus, ou -valués, et que chacun d’entre eux n’acquiert une signification définie, ou précise, qu’à l’intérieur d’un contexte fixé, quand l’ordre d’abstraction peut être connu. […] Tester la multiordinalité d'un terme est facile : faites une phrase à laquelle le terme s'applique (vrai, faux, oui, fait, réalité, penser, aimer, etc.) ; faites maintenant une autre phrase à propos de la première et regardez si le même terme peut s'y appliquer : le cas échéant, vous tenez un terme multiordinal. » (Science & Sanity, p. 433).

Par exemple, pour le mot « fait » :

  • « Je vois le train qui part » : un fait ;
  • « Je dis : je vois le train qui part » : un autre fait.

Pour « croire » :

  • « il fait beau » ; je le crois.
  • J'ai dit : « il fait beau » ; je crois (que je l'ai dit). [8]

En termes mathématiques : : il existe une proposition 'P' possédant la propriété 'a' et une 'métaproposition' Q qui, quand on lui applique P comme variable, possède aussi la propriété 'a'. Les termes m.o s'appliquent donc à des phrases de quelque niveau d'abstraction que ce soit.

Il convient cependant de bien remarquer que, pour tester la multiordinalité d'un terme, il faut construire une seconde phrase à propos de la première, pas à propos du sens de la première.

Les termes multiordinaux n'ont pas de sens « en général ». Tenter de les définir dans l'absolu ne conduit à rien, sauf à la confusion : l'Existence ? laquelle ? ; la Conscience ? De quoi ? ; l'ensemble ? De quoi ? ; la liberté ? De ? ; l'Idée ? Laquelle, de qui, de quoi ? ; la Pensée ? À quel propos ? ; etc. [9]

De fait, explique Korzybski, beaucoup d’encre et de temps ont été dépensés en de vaines controverses « philosophiques » à propos de ces termes, puisqu’il s’agissait avant tout de se mettre d’accord sur le niveau d’abstraction de leur usage avant d’en parler, ce qui n’a pas été fait. [10] En revanche, ces mots donnent beaucoup de souplesse à la langue, lorsqu’on prend la précaution de les utiliser correctement.

3. 5. Les termes el-, l’objectification

Dans l’ordre normal d’évaluation, nous partons du phénomène sensoriel (l’interaction) pour monter vers l’objet silencieux puis les niveaux verbaux, où nous employons un symbole. En principe donc, nous ne devrions pas employer de symboles qui ne se réfèrent à rien ; un symbole sans référent ne représente rien, son utilisation ne crée que du bruit. Les banquiers, remarque Korzybski, se révèlent particulièrement susceptibles envers vous quand vous faites un usage abusif d’un symbole, par exemple un chèque, alors que vous ne possédez plus l’objet auquel ce chèque se réfère. La même règle devrait s’appliquer dans le contexte discursif.

Cependant, de tels symboles sans signifiés aux niveaux silencieux existent ; la science moderne a démontré que 'temps' et 'espace' ne correspondaient pas à la 'réalité', pas plus que 'onde' et 'particule' ou 'corps' et 'esprit'. Korzybski appelle objectification l’attribution d’un signifié fictif à un symbole non-référent. Ce comportement inverse l’ordre naturel d’évaluation, projette des 'réalités' verbales vers la 'réalité' silencieuse : on pourrait donc considérer qu'il ressort de la pathologie. [11]

Les termes espace, temps, onde, particule, etc. qui séparent verbalement ce qui ne peut être séparé aux niveaux silencieux sont appelés élémentalistes, ou en abrégé, el.

3. 6. L’identification, et l’usage du verbe « être »

L'utilisation trop large que nos usages grammaticaux nous ont appris à faire du verbe être est en bonne partie responsable des fausses identifications, des confusions entre les différents niveaux d'abstractions… Selon Korzybski, ce verbe peut être utilisé de quatre manières différentes. Les deux premiers usages ne soulèvent pas de difficulté :

  • le verbe être signifie exister, se trouver : Je suis dans le salon, Il est un endroit dont le souvenir me poursuit. [12]
  • le verbe être est utilisé comme auxiliaire dans la formation des temps composés, ainsi que des formes passives. [13]

Mais le danger surgit :

  • quand l'utilisation du verbe être conduit à identifier de manière erronée des niveaux d'abstraction différents, en reliant deux noms qui sont mis sur le même niveau : L'homme est un animal, Georges Dupont est un ouvrier… Ici, le verbe être signifie en réalité : « pouvoir être désigné comme… », « pouvoir être appelé… » et surtout « pouvoir être classé… ». Or cela fait abstraction - ce qu'on oublie fréquemment - des critères non pris en compte par ce classement. Ainsi l'homme n'est pas qu'un animal (quel animal voit-on écrire des livres ou créer des bibliothèques ?), Georges Dupont n'est pas qu'un ouvrier (il est aussi sans doute père, mari, artiste du dimanche, paroissien, amateur de Jean Renoir, etc. - et Korzybski recommande de ne jamais oublier la formule et cœtera [14] .
  • quand le verbe être est utilisé pour mettre en relation un nom et un ou plusieurs adjectifs. C'est impliquer que les caractéristiques désignées par ces derniers existent dans la chose ou la personne représentée par le nom alors qu'elles découlent de la relation entre l'observateur et l'observé. Le verbe être signifie ici et doit être compris comme : telle personne, telle chose, m'apparaît (nous apparaît, lui apparaît, etc.) comme, ou nous jugeons telle chose de telle façon. [15]

3. 7. Les outils extensionnels

Comme nous l’avons vu, plus nous 'montons' dans les niveaux d’abstraction élevés, plus nous avons tendance à utiliser des catégories générales, de moins en moins individualisées, statiques, inférentielles, de plus en plus éloignées de la 'réalité', susceptibles d’identification. Si nous souhaitons nous mettre d’accord, il nous faut à l’inverse employer des abstractions de bas niveau (redescendre !). Pour cela, nous devons favoriser l’utilisation de procédés extensionnels. Il en existe un certain nombre, que nous avons déjà vus :

  • Indexer : la chaise(1), la chaise(2), etc. ;
    • Indexer en chaîne : chaise (1, 1), chaise (1, 2), etc. pour exprimer que le 'même' 'objet' se trouve dans des contextes différents ;
    • Utiliser les dates (cas particulier d’index) : José(2000), José(1999), José(2003), etc. ;
  • Le symbole etc. ;
  • Les apostrophes ' ' : pour monter que l’on est 'conscients' que l’on utilise un terme el. ou m.o abusivement pour les besoins du discours — y compris en bougeant les index à l’oral ;
  • Le trait d’union : pour relier des mots exprimant des réalités silencieuses inséparables : espace-temps, onde-particule, psycho-logie, etc.
  • Définir un 'objet' ou 'ensemble' en extension plutôt qu’en intension ; {Pierre, Paul, Jacques, etc.} plutôt que : « Les gens que je n’aime pas. » ;
  • Utiliser « je » plutôt que « on » ou des tournures impersonnelles ;
  • La pause thalamocorticale : se donner un temps, même imperceptible, avant de réagir à une situation pour laisser une chance à l’ensemble des centres nerveux, y compris néo-corticaux, de participer à la réponse ;
  • Etc.

L’utilisation de ces procédés aide à éviter des identifications abusives (Jean 'est' 'toujours' 'égal à' lui-même, la situation X 'est' 'la même que' la situation Y que j’ai vécue il y a dix ans…), introduit une stratification et un ordre, et met l’accent sur les différences entre 'objets' (dynamiques) plutôt que sur les ressemblances entre catégories. Elle nous aide également à rester 'conscients' que nous 'abstrayons' : l’acquisition de la 'conscience d’abstraire' constitue un des objectifs de la sémantique générale.

[…] (Non achevé, à suivre)

4. Une théorie non-aristotélicienne

« Les mots toujours et jamais, il faudrait toujours se souvenir de ne jamais les employer ! » M. Kendig.

Korzybski repère ensuite, dans les édifices classiques (gravitation de Newton, géométrie euclidienne) la présence d'a priori, d'hypothèses confondues avec le réel (addition des vitesses, "postulat" des parallèles) qui se révèlent parfois non-conformes aux expériences (false to facts) ou bien valables uniquement dans le cadre d’approximations données.

Il remarque également que ces inférences se fondaient sur des mots el. : 'espace' et 'temps' absolus (en face de l’espace-temps), 'observateur' et 'observé', 'corps' et 'esprit', (en face de la psycho-logique), 'onde' et 'particule', etc. qui forment des 'tout' aux niveaux silencieux.

Korzybski baptise alors les théories scientifiques modernes (1933 : relativité générale, physique quantique, psychiatrie…), bâties sur le rejet de ces présupposés, théories non- : non-E, non-euclidiennes ; non-N, non-newtoniennes. Pour le reste, écrit-il :

« Je rejette la structure aristotélicienne, qu’on appelle généralement métaphysique (350 av. J.-C.) et je lui substitue la science moderne (1933). Je rejette les aspects structurels et sémantiques suivants du système A, que j’appelle postulats, et qui fondent le système aristotélicien :

  1. L’unicité de l’assertion sujet-prédicat ;
  2. La logique binaire, ainsi qu’exprimé dans le postulat du tiers-exclu : tout doit être ou bien ne pas être ;
  3. La confusion sémantique causée par la similitude entre le « être » d’identité, que je dénie totalement, le « être » de prédication, le « être » d’existence et le « être » auxiliaire ;
  4. L’élémentalisme qui s’exprime dans la différence nette entre corps et esprit, émotions et intellect, etc. ;
  5. La théorie el. des 'significations' ;
  6. Le postulat el. rigide de la cause et de l’effet ;
  7. La théorie el. de la définition, qui ignore l’existence des termes non-définis ;
  8. La théorie tridimensionnelle (statique) des propositions et du langage ;
  9. L’hypothèse de la validité générale de la grammaire ;
  10. La préférence pour les orientations intentionnelles ;
  11. La définition el. et additive de l’homme.

[…]

Je fonde mon système non-aristotélicien sur des prémisses négatives n'est pas, qui ne peuvent être réfutées, sauf à apporter un contre-exemple impossible, et donc j'accepte différence, différenciation, etc. comme fondamentaux.

  1. Je postule le caractère fondamental des relations, de l'ordre, de la structure ;
  2. J'accepte la logique floue de Łukasiewicz et Tarski, qui devient, dans mon système, une sémantique -valuée ;
  3. J'accepte la description fonctionnelle autant que faire se peut ;
  4. Je postule le principe de non-élémentalisme et l'applique partout, ce qui me conduit à :
    • Une théorie non-el des 'significations' ;
    • Une théorie non-el des 'définitions' fondée sur les termes non-définis ;
    • Une théorie psycho-physiologique des réactions sémantiques.
  5. Je postule l'individualité absolue de chaque évènement aux niveaux silencieux, ce qui signifie qu'aucun prédicat ne peut jamais être certain, d'où un nécessaire principe d'incertitude dans chaque proposition ;
  6. J'accepte l' 'existence logique' comme fondamentale ;
  7. J'utilise des méthodes différentielles et quadridimensionnelles (dynamiques) ;
  8. J'utilise les fonctions prépositionnelles de Russell ;
  9. J’accepte les fonctions doctrinales de Keyser, et généralise les systèmes fonctionnels de Sheffer ;
  10. Je fonde la théorie quadridimensionnelle des propositions et du langage ;
  11. J’établis la multiordinalité de certains termes ;
  12. Je découvre et applique des considérations psychophysiologiques aux niveaux d’abstractions (non-el.) ;
  13. Je généralise le rapport binaire cause-effet à une -causalité ;
  14. Je postule la validité de la théorie -valuée du maximum de probabilité plutôt que du simple choix binaire ;
  15. Je fonde mon système non-A sur des procédés extensionnels, qui nécessitent l’utilisation générale du symbole etc. ;
  16. J’offre une définition fonctionnelle et non-el. de l’homme. »

Science & Sanity, p. 93-94.

En fait, Korzybski refuse principalement l'essentialisme hérité de la scolastique médiévale, et qui était encore très présent dans les esprits de son temps. Toutefois, il en reste lui-même imprégné et fonde son propre édifice de façon scolastique également. Il n'y mentionne pas par exemple l'inférence bayésienne pourtant connue à son époque et qui permet à chacun de réviser rationnellement ses a priori, ni ne s'attarde sur les travaux de Hume, Locke ou Russell.

Les terminologies de "non-A", "non-E", "non-N" ne sont pas dénuées d'un potentiel mystificateur dont plusieurs organismes de formation à but lucratif sauront plus tard abuser.

5. Conclusion

Cet article n’a évidemment pas l’ambition de faire le tour de 'toute' la sémantique générale. Korzybski insiste sur le côté inachevé de son travail, et sur la nécessaire remise à jour de la théorie en fonction des avancées de la science. Reste qu’à ce jour, à part les chapitres consacrés aux colloïdes, théorie tombée en désuétude après la découverte de l’ADN et du mécanisme de synthèse protéique, les conclusions structurelles esquissées en 1933 n’ont pas de raison d’être mises en cause.

La sémantique générale n’a pas eu - jusqu'à présent - énormément de succès en France, en raison du fait que les ouvrages de Korzybski n'y sont pas publiés: seuls sont disponibles en français: Une carte n'est pas le territoire [16] [17] et Le rôle du langage dans les processus perceptuels [18] .

En raison de la difficulté pour les lecteurs ne lisant pas l'anglais d'accéder aux livres originaux, et de savoir en quoi elle consiste exactement, la sémantique générale est, en France, depuis les années 2000, l'objet de tentative de récupération de la part de manipulateurs de symboles divers: groupes idéologiques utilisant cette discipline pour se donner un vernis de scientificité et l'utiliser comme écran pour dissimuler des activités moins avouables, consultants peu intègres se présentant comme experts en sémantique générale, : ainsi en est-il des associations sans aucun fondement avec la PNL, l'énneagramme, le "déisme", les "illuminati", l'organisation Mensa, etc... Ces tentatives d'identifications abusives n'engagent que leurs auteurs, et les propos tenus sur cette base sont dépourvus de toute crédibilité.

La S.G. attire notre attention sur un certain nombre de phénomènes, erreurs, abus, etc. et nous donne des moyens de les repérer et d’éviter de les commettre nous-mêmes. Les outils extensionnels insistent sur les différences, développant ainsi notre esprit critique et notre souplesse d’adaptation. La pause corticothalamique améliore également notre adaptabilité. Les termes multi-ordinaux expliquent la vacuité de certaines discussions, les trois principes évitent les identifications et dénoncent l’emploi d’un symbolisme excessif, où les symboles ne se réfèrent à 'rien', ce que Korzybski qualifie de « bruits de bouche » ou à 'tout', etc.

La S.G. nous invite également à essayer de mettre à jour nos « prémisses », c’est-à-dire nos postulats silencieux, responsables de nos inférences. N’oublions pas que les théories scientifiques modernes se sont constituées précisément en prenant 'conscience' du caractère superflu d’un certain nombre de prémisses, comme le postulat des parallèles en géométrie. Elle ouvre ainsi la voie à une théorie générale de l’entendement et de la compréhension mutuelle dont l’état actuel du Monde montre plus que jamais l’urgence.

« Même si le système non-A ne réussit qu’attirer l’attention de l’humanité sur des questions jusque là ignorées ; qu’il se contente d’ouvrir la voie, non vers la panacée, mais vers un programme scientifique pratique, constructif et unifié grâce auquel de futurs désastres pourront être évités ou amoindris — j’en serai fort satisfait. » (Science & Sanity, p. 561)

6. Vulgarisation - Artistes et auteurs

L'auteur de science-fiction A. E. van Vogt a popularisé les théories de Korzybski par le biais du Cycle du Ā dont Boris Vian a traduit les deux premiers romans en français. Ces théories ont parfois servi à appâter de simples naïfs lorsqu’elles étaient enseignées par certains formateurs peu scrupuleux.

La sémantique générale a été aussi popularisée indirectement par le peintre René Magritte dans son tableau La Trahison des images (1929) où il peint l'objet « pipe » (à fumer) et où il est peint en légende « Ceci n’est pas une pipe » dans le sens où le tableau ne constitue qu’une représentation de l’objet. Il interroge également le type de relation particulière entre le représenté et l'original, en montrant au même niveau - c’est-à-dire dans le cadre physique en bois par exemple, de la peinture - une pipe peinte et son modèle dans Les Deux Mystères (1966). [19]

En France, les principaux auteurs qui s'en sont inspirés sont le biologiste Henri Laborit, le philosophe Gaston Bachelard, et le physicien Basarab Nicolescu.

Le biologiste français Henri Laborit a élaboré sa théorie de l'inhibition de l'action et ses travaux sur la structure des organismes vivants sur la sémantique générale, avec La Nouvelle Grille.

Gaston Bachelard signale la sémantique générale dans son ouvrage La Philosophie du non (1940). Il y écrit notamment : « Le monde où l'on pense n'est pas le monde où l'on vit », éclairant sous un autre jour un des axiomes principaux énoncé par Korzybski : « La carte n'est pas le territoire. »

Henri Laborit et Gaston Bachelard étaient tous deux membres honoraires de l'Institute of General Semantics.

L'écrivain américain William Burroughs, qui avait suivi les cours de Korzybski, expérimenta les fonctions non-aristotéliciennes de l'écriture (la fonction de time-binding, et celle qui consiste à créer la réalité), dans les Essais, tomes 1 et 2.

Marshall B. Rosenberg cite le psychologue américain Wendell Johnson (16.4.1906-29.8.1965, promoteur de la sémantique générale) dans son livre Les Mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Introduction à la Communication non violente. [20]

Dans son roman Limbo, Bernard Wolfe décrit une société non-aristotélicienne en partie influencée par la sémantique générale de Korzybski. (On le retrouve même cité plusieurs fois dans le chapitre XI).

Le groupe de rock 13th Floor Elevators s'est inspiré des travaux de Korzybski pour les notes de pochette de leur premier album The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators (1966). [21]

7. Remarques

  • Le verbe « être » est si peu usité en langue russe que tout s’y passe presque comme s’il n’existait pas. [22] On n’a pas constaté pour autant chez ce peuple de vision spécifiquement plus claire que celle de n’importe quel autre. Il ne faut pas 'identifier' (m.o) le phénomène d’identification, structurel, avec l’emploi du verbe « être », linguistique. Ne pas utiliser le verbe « être » ne signifie pas « ne pas 'identifier' ».
  • 'On' constate souvent qu’une phrase gagne en clarté, tant chez son récepteur que chez son émetteur, si l’on prend soin d’en éliminer les verbes d’état comme « être » (sauf s’il est utilisé comme auxiliaire grammatical) pour les remplacer par des verbes opérationnels, qui possèdent - eux - une définition claire et non ambiguë. D'où l'intérêt d'utiliser, autant que faire se peut, des termes fonctionnels.
  • Une « langue » inspirée de l’anglais et n’autorisant pas le verbe être a été nommée E-prime. Dans la pratique, il s’agit simplement d’un anglais s’imposant des règles faisant en sorte qu’on sache à tout moment définir ce dont on parle en ne s’exprimant qu’en termes opérationnels. Cela n’interdit pas les conversations sur le subjectif : on décrit alors simplement le résultat observable de ses états d’âme. Ces conventions sont tout à fait utilisables - et d’ailleurs utilisées - dans le quotidien, en anglais comme en français courant, par les locuteurs prudents ; elles ne semblent donc pas nécessiter un nom de langue distinct et particulier.
  • L'écrivain argentin Jorge Luis Borges avait attribué à un auteur de son invention, Suarez Miranda, une citation évoquant une carte d'un Empire « qui avait le Format de l´Empire et qui coïncidait avec lui, point par point » (donc à l'échelle 1:1). Avant lui, Lewis Carroll avait parlé, dans Sylvie et Bruno, d'« une carte du pays, à l´échelle d´un mile pour un mile », que les fermiers du pays avaient rejetée parce qu'elle leur cachait le soleil : ils avaient finalement décidé d'utiliser le pays lui-même comme sa propre carte, la carte étant en l'occurrence le territoire...

8. Articles connexes

Concepts liés :

Personnalités :

9. Liens externes

10. Bibliographie des livres en ligne d'Alfred Korzybski

En français:

Publications françaises

  • "Une carte n'est pas le territoire, Éditions de l'Éclat, 2007. Traduit par Mireille de Moura et Jean-Claude Dernis, supervisé par Didier Kohn (ISBN 2-84162-029-8)
    Cet ouvrage est une compilation de textes de Korzybski : Le Rôle du langage dans les processus perceptuels (communication lors d'un symposium de psychologie clinique), article Sémantique générale de l’American People's Encyclopedia, préface et table des matières de Science and Sanity, glossaire de termes construit à partir de cet ouvrage, auxquels s'ajoute une préface de l'éditeur et une biographie.

Extraits de « Science and Sanity »:

En anglais:


11. À propos de la sémantique générale

Sont regroupés ici quelques avis et commentaires sur la théorie qui préexistaient à la refonte de la page :

11. 1. La théorie et le monde réel

Dans Science and sanity, Korzybski s’inquiète du danger d’un monde où il devient possible par les médias de manipuler les esprits en leur inculquant des visions coupées du monde réel (voir Philip K. Dick). En URSS, Italie et Allemagne, les événements sont alors en train de lui donner tristement raison : l’ouvrage paraît en 1933. De son côté, Serge Tchakhotine publie Le Viol des foules par la propagande politique en 1939.

Depuis sa mort en 1950, le travail de Korzybski est poursuivi dans le cadre de l'Institute of General Semantics par des auteurs tels que Wendell Johnson, S. I. Hayakawa and Alan Hayakawa, J. Samuel Bois, Irving J. Lee, Kenneth Johnson, Catherine Minteer, Mary Morain, etc. L'institut publie une revue trimestrielle, "ETC: A Review of General Semantics"qui contient des articles contribuant à la compréhension du langage, de la pensée et du comportement et traitent des méthodes utilisées en sémantique générale (time-binding, conscience d'abstraire, confusion entre la carte et le territoire, etc.

12. Notes et références

  1. Les postulats de la logique d'Aristote
  2. Science and Sanity, "De la notion de simultanéité" (ch. XXXVII) (ch. VI)
  3. Voir à ce sujet l'article Métonymie.
  4. Voir à ce sujet l'article Métadonnées.
  5. Consultable ici : Le rôle du langage dans les processus perceptuels
  6. Un exemple de prudence excessive dans l'inférence apparaît dans la plaisanterie classique : « Deux logiciens voyageant un train regardent le paysage par la fenêtre. - Tiens, dit l'un, un troupeau de moutons qui vient d'être tondu. - De notre côté, en tout cas, répond l'autre. »
  7. Par exemple sur le site de l'ESGS (European Society for General Semantics) : [1].
  8. Voir aussi, d'un point de vue linguistique : Modalité (épistémique), Évidentialité etc.
  9. Voir aussi à ce sujet la notion de « grounding » (ancrage) évoquée notamment par Ronald Langacker dans sa Grammaire cognitive.
  10. Ce problème est traité en informatique par l'usage d'espaces de noms, comme en XML (namespaces).
  11. Il y a ici confusion entre le monde dit « réel » (indépendant de l'observateur) et le monde « considéré comme réel » (par un groupe social donné, dans un contexte culturel et spatio-temporel donné) : voir Doxa.
  12. Ce dernier exemple est plus pertinent en anglais (There is a place..) qu'en français moderne, où il fait un peu suranné.
  13. Tout au moins dans des langues comme l'anglais ou le français.
  14. Alfred Korzybski, Science and Sanity, 3ème édition
  15. Hélène Bulla de Villaret, Introduction à la Sémantique Générale de Korzybski, Le Courrier du Livre.
  16. Une carte n'est pas le territoire
  17. Séminaire de Sémantique générale 1937 - Transcription des notes des conférences de Sémantique Générale données à Olivet College, Interzone Editions]
  18. "Le rôle du langage dans les processus perceptuels" (Institute of General Semantics)
  19. Voir par exemple [2].
  20. Page 46 ligne 19 (ISBN 978-270714381-5)
  21. Voir[3].
  22. Plus précisément, en russe, la copule n'est pas exprimée au présent (à l'écrit, elle est remplacée par un tiret long) ; mais le verbe être est bien utilisé au passé et au futur.
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Bibliographie des livres en ligne d'Alfred Korzybski

En français:

Publications françaises

  • "Une carte n'est pas le territoire, Éditions de l'Éclat, 2007. Traduit par Mireille de Moura et Jean-Claude Dernis, supervisé par Didier Kohn (ISBN 2-84162-029-8)
    Cet ouvrage est une compilation de textes de Korzybski : Le Rôle du langage dans les processus perceptuels (communication lors d'un symposium de psychologie clinique), article Sémantique générale de l’American People's Encyclopedia, préface et table des matières de Science and Sanity, glossaire de termes construit à partir de cet ouvrage, auxquels s'ajoute une préface de l'éditeur et une biographie.

Extraits de « Science and Sanity »:

En anglais:

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03:26

11. À propos de la sémantique générale

Sont regroupés ici quelques avis et commentaires sur la théorie qui préexistaient à la refonte de la page :

11. 1. La théorie et le monde réel

Dans Science and sanity, Korzybski s’inquiète du danger d’un monde où il devient possible par les médias de manipuler les esprits en leur inculquant des visions coupées du monde réel (voir Philip K. Dick). En URSS, Italie et Allemagne, les événements sont alors en train de lui donner tristement raison : l’ouvrage paraît en 1933. De son côté, Serge Tchakhotine publie Le Viol des foules par la propagande politique en 1939.

Depuis sa mort en 1950, le travail de Korzybski est poursuivi dans le cadre de l'Institute of General Semantics par des auteurs tels que Wendell Johnson, S. I. Hayakawa and Alan Hayakawa, J. Samuel Bois, Irving J. Lee, Kenneth Johnson, Catherine Minteer, Mary Morain, etc. L'institut publie une revue trimestrielle, "ETC: A Review of General Semantics"qui contient des articles contribuant à la compréhension du langage, de la pensée et du comportement et traitent des méthodes utilisées en sémantique générale (time-binding, conscience d'abstraire, confusion entre la carte et le territoire, etc.

12. Notes et références

  1. Les postulats de la logique d'Aristote
  2. Science and Sanity, "De la notion de simultanéité" (ch. XXXVII) (ch. VI)
  3. Voir à ce sujet l'article Métonymie.
  4. Voir à ce sujet l'article Métadonnées.
  5. Consultable ici : Le rôle du langage dans les processus perceptuels
  6. Un exemple de prudence excessive dans l'inférence apparaît dans la plaisanterie classique : « Deux logiciens voyageant un train regardent le paysage par la fenêtre. - Tiens, dit l'un, un troupeau de moutons qui vient d'être tondu. - De notre côté, en tout cas, répond l'autre. »
  7. Par exemple sur le site de l'ESGS (European Society for General Semantics) : [1].
  8. Voir aussi, d'un point de vue linguistique : Modalité (épistémique), Évidentialité etc.
  9. Voir aussi à ce sujet la notion de « grounding » (ancrage) évoquée notamment par Ronald Langacker dans sa Grammaire cognitive.
  10. Ce problème est traité en informatique par l'usage d'espaces de noms, comme en XML (namespaces).
  11. Il y a ici confusion entre le monde dit « réel » (indépendant de l'observateur) et le monde « considéré comme réel » (par un groupe social donné, dans un contexte culturel et spatio-temporel donné) : voir Doxa.
  12. Ce dernier exemple est plus pertinent en anglais (There is a place..) qu'en français moderne, où il fait un peu suranné.
  13. Tout au moins dans des langues comme l'anglais ou le français.
  14. Alfred Korzybski, Science and Sanity, 3ème édition
  15. Hélène Bulla de Villaret, Introduction à la Sémantique Générale de Korzybski, Le Courrier du Livre.
  16. Une carte n'est pas le territoire
  17. Séminaire de Sémantique générale 1937 - Transcription des notes des conférences de Sémantique Générale données à Olivet College, Interzone Editions]
  18. "Le rôle du langage dans les processus perceptuels" (Institute of General Semantics)
  19. Voir par exemple [2].
  20. Page 46 ligne 19 (ISBN 978-270714381-5)
  21. Voir[3].
  22. Plus précisément, en russe, la copule n'est pas exprimée au présent (à l'écrit, elle est remplacée par un tiret long) ; mais le verbe être est bien utilisé au passé et au futur.
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  • Le verbe « être » est si peu usité en langue russe que tout s’y passe presque comme s’il n’existait pas. [22] On n’a pas constaté pour autant chez ce peuple de vision spécifiquement plus claire que celle de n’importe quel autre. Il ne faut pas 'identifier' (m.o) le phénomène d’identification, structurel, avec l’emploi du verbe « être », linguistique. Ne pas utiliser le verbe « être » ne signifie pas « ne pas 'identifier' ».
  • 'On' constate souvent qu’une phrase gagne en clarté, tant chez son récepteur que chez son émetteur, si l’on prend soin d’en éliminer les verbes d’état comme « être » (sauf s’il est utilisé comme auxiliaire grammatical) pour les remplacer par des verbes opérationnels, qui possèdent - eux - une définition claire et non ambiguë. D'où l'intérêt d'utiliser, autant que faire se peut, des termes fonctionnels.
  • Une « langue » inspirée de l’anglais et n’autorisant pas le verbe être a été nommée E-prime. Dans la pratique, il s’agit simplement d’un anglais s’imposant des règles faisant en sorte qu’on sache à tout moment définir ce dont on parle en ne s’exprimant qu’en termes opérationnels. Cela n’interdit pas les conversations sur le subjectif : on décrit alors simplement le résultat observable de ses états d’âme. Ces conventions sont tout à fait utilisables - et d’ailleurs utilisées - dans le quotidien, en anglais comme en français courant, par les locuteurs prudents ; elles ne semblent donc pas nécessiter un nom de langue distinct et particulier.
  • L'écrivain argentin Jorge Luis Borges avait attribué à un auteur de son invention, Suarez Miranda, une citation évoquant une carte d'un Empire « qui avait le Format de l´Empire et qui coïncidait avec lui, point par point » (donc à l'échelle 1:1). Avant lui, Lewis Carroll avait parlé, dans Sylvie et Bruno, d'« une carte du pays, à l´échelle d´un mile pour un mile », que les fermiers du pays avaient rejetée parce qu'elle leur cachait le soleil : ils avaient finalement décidé d'utiliser le pays lui-même comme sa propre carte, la carte étant en l'occurrence le territoire...
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Vulgarisation - Artistes et auteurs

L'auteur de science-fiction A. E. van Vogt a popularisé les théories de Korzybski par le biais du Cycle du Ā dont Boris Vian a traduit les deux premiers romans en français. Ces théories ont parfois servi à appâter de simples naïfs lorsqu’elles étaient enseignées par certains formateurs peu scrupuleux.

La sémantique générale a été aussi popularisée indirectement par le peintre René Magritte dans son tableau La Trahison des images (1929) où il peint l'objet « pipe » (à fumer) et où il est peint en légende « Ceci n’est pas une pipe » dans le sens où le tableau ne constitue qu’une représentation de l’objet. Il interroge également le type de relation particulière entre le représenté et l'original, en montrant au même niveau - c’est-à-dire dans le cadre physique en bois par exemple, de la peinture - une pipe peinte et son modèle dans Les Deux Mystères (1966). [19]

En France, les principaux auteurs qui s'en sont inspirés sont le biologiste Henri Laborit, le philosophe Gaston Bachelard, et le physicien Basarab Nicolescu.

Le biologiste français Henri Laborit a élaboré sa théorie de l'inhibition de l'action et ses travaux sur la structure des organismes vivants sur la sémantique générale, avec La Nouvelle Grille.

Gaston Bachelard signale la sémantique générale dans son ouvrage La Philosophie du non (1940). Il y écrit notamment : « Le monde où l'on pense n'est pas le monde où l'on vit », éclairant sous un autre jour un des axiomes principaux énoncé par Korzybski : « La carte n'est pas le territoire. »

Henri Laborit et Gaston Bachelard étaient tous deux membres honoraires de l'Institute of General Semantics.

L'écrivain américain William Burroughs, qui avait suivi les cours de Korzybski, expérimenta les fonctions non-aristotéliciennes de l'écriture (la fonction de time-binding, et celle qui consiste à créer la réalité), dans les Essais, tomes 1 et 2.

Marshall B. Rosenberg cite le psychologue américain Wendell Johnson (16.4.1906-29.8.1965, promoteur de la sémantique générale) dans son livre Les Mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Introduction à la Communication non violente. [20]

Dans son roman Limbo, Bernard Wolfe décrit une société non-aristotélicienne en partie influencée par la sémantique générale de Korzybski. (On le retrouve même cité plusieurs fois dans le chapitre XI).

Le groupe de rock 13th Floor Elevators s'est inspiré des travaux de Korzybski pour les notes de pochette de leur premier album The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators (1966). [21]

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